Monday, December 31, 2018

Traction-brabant 8

Y m’est arrivé un truc extraordinaire en fabriquant le Traction-Brabant. Sans doute la première et dernière fois que ce machin là sert à quelque chose.
Ma putain d’agrafeuse fonctionne mal depuis le jour où je l’ai achetée. Pas amortie, j’allais quand même pas la foutre à la poubelle. Le problème est que la tirette faisait des sauts de kangourou dans l’appartement. J’agrafais un exemplaire au hasard pour Gallimard et clac ! le projectile traversait la salle comme une sorcière sur son balai de chiotte. Ca c’est sûrement du sabotage d’extrême gauche.
Un jour que ça m’a trop énervé, j’ai balancé cette satanée machine dans le sens inverse de celui pris par la tirette. J’aurais pu casser une vitre mais comme vous le savez, en été, les fenêtres sont ouvertes. L’agrafeuse a donc chuté du troisième étage sur la gueule de mon voisin du quatrième étage. En soi, ce n’était pas trop grave. Mon voisin est du genre protecteur de l’ordre moral (comme s’il avait besoin de protection) : travail pour les autres, famille pour les bières et patrie pour le foot.
Bref, mon engin de malheur l’a bien amoché, ce qui ne contribua pas à arranger nos rapports, puisque d’ordinaire je suis plutôt amateur de guitare métal au lever du lit.
Mais qu’a fait la Police ? La Police a relevé les empreintes de l’agrafeuse sur sa tronche qui depuis s’est modifiée - plus rabot mixeur que photomaton du septième ciel - et n’a pas tardé à identifier le ou plus exactement la coupable : la poésie bien sûr.
CQFD : Ici l’utilité salvatrice de ce « média » d’ordinaire réservé à tous les âges à partir du troisième.

P.M.

Numéro 75 de Traction-brabant


Le numéro 75 de Traction-brabant est vendu au prix de 2,40 €.
Pour plus de précisions, contact association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Croisade couchée



Le blog de la revue Incertain Regard

La revue "Incertain regard" coachée par Hervé Martin, a paru sous format papier de 1997 à 2002.

Aujourd'hui, elle s'est remise en piste, mais sous format numérique.

Ainsi, vous pouvez retrouver sur ce blog, non seulement, les numéros les plus récents de la revue, mais également les plus anciens, avec en plus, des chroniques de livres.

Un panorama déjà assez large et complet de la poésie qui s'écrit aujourd'hui et déjà un petit peu hier.

De Léon Maunoury (extrait de T-B 56)

Le soleil lourd. Ton petit corps serré dans ses frusques se meut jusqu'au frigo pour arracher ta première bière de la journée. Ventilo flemme et clope abandonnée sur le bord de la table. La chaleur grosse, sueur acide, insectes en pagaille qui se bousculent dans le jardin à l'ombre des grosses courges qui gonflent. Toi qui respires et qui fumes, qui attends le soir comme si c'était un train à prendre.  
   Tu écris: "Ombres de cactus frappées par le vent, hennissements de poussière bleue. Décors en celluloïd installés en paravent (longues villes lumières surlignées de cuivre). Interstice western dans le chant aveugle de la parole morte."
Les chardons se frayent un chemin dans le brouhaha incessant des mots, dans la somme des possibles que l'alphabet nous propose. Les chardons émergent des sols bétonnés du langage. Je les cueille, ils sont là, hantant les gouffres de l'entre deux mots. Tout est permis, et après le mot chardon j'ouvre l'orage, je trempe la page de liqueurs brûlantes, le bouilleur de cru frappe à ma porte et s'en vient distiller mes visions. 
« Viens bouilleur! Viens donc et distille! Sers-moi plein crâne de ton mercure, de ta sève visqueuse ou de ton jus noir électronique! »
Moi je me repose,  ma carte d'abonnés instinct me donne droit à un break  pour la nuit, et si le rêve est rouge, je le monte à cru et vais trancher la toile.

[Cuivre au galop dans les plaines mentales, des chardons plein les yeux].

"Une couleur n'est pas une couleuvre" disent-ils.  Toutes les mâchoires serrées qui aboient et grincent dans ma tête. Une couleur n'est certainement pas une couleuvre. Et le BLEU est posé comme une roche, et impossible de fissurer le ciel, la mer, tout ce qui vient se frotter à lui.
Une couleur n'est pas une couleuvre? Le noir est la nuit, il couleuvre en longs couloirs de mots jusqu'à l'instant morsure où le bleu se déchire en haletant, épuisé. L'infection s'applique paisiblement, sifflements et liqueurs mielleuses qui s'écoulent de la fracture. Claquements de fouet dans le dégradé. Le noir s'enfonce onctueusement. On relève la tête. Une couleur dans ta gorge, propagation du soir jusqu'en ton antre crâne. 

   [Le chant aveugle de la parole qui meurt en hoquets, qui tourne dans le vide des configurations possibles].

Comment on hurle avec des mots plein la gueule? Avec des mots qui hantent jusqu'aux plus intimes de nos songes? Comment on fait pour déconnecter leur termitière de notre chambre/crâne?
                                   
  [Ils agrippent mon cri de leurs petites mandibules acérées et le cryptent en hiéroglyphes biscornus].

Notre boite à outils de Patrice VIGUES

Publication dans l'anthologie Parterre verbal n°1 (avec Windows media player)

Le poème suivant fait partie des 20 textes publiés en juin 2009 dans l'anthologie Parterre verbal n°1 publiée en complément de la revue "Pages Insulaires" de Jean-Michel Bongiraud.

Il s'agit, en outre, de l'un des poèmes du recueil intitulé "Débile aux trois quarts" publié par les éditions Gros Textes en 2017.

***

L'enfer c'est la sécurité

Il voulait d’un monde tranquille
Où les enfants pourraient courir
Sur les pifs des crocodiles
ça y est
Le jour du rêve est arrivé
Au milieu des barbelés
Se dresse un jardin en érection
Une mamelle
Un volcan de feu
Avec sa pelouse synthétique
Comme si cela ne suffisait pas
Une rangée de gardes playmobil
Tient dans les crénelures
Est-ce que les enfants sont heureux ?
On ne sait pas d’ici
Mon équipe de farceurs
Les survole en hélicoptère
Car plus loin encore
Jusqu’au bout de l’horizon
Les mangroves ont conquis le territoire
La peau de l’ours a été vendue
A celle des crocodiles et autres varans moites
Pêcheurs de perles

***

A écouter ici (le dernier vers manque mais ce n'est pas un crime de lèse majesté) avec la complicité du site de partage musical Dogmazic (http://www.dogmazic.net/) et plus particulièrement d'un morceau assez sinistre que j'adore de Koji Malone : "Fatal flight".

De Marine Ribaud (extrait de T-B 74)

J'aurais pu te dire que je t'aimais, c'était comme une rivière qui coule où elle va.
Un commun temps dans le temps commun.
Dire le monde un après-midi de dimanche lorsque la pluie se mélange aux hommes.
Et s'en aller.

Traction-brabant 49

En ces temps de vache maigre – ça fait longtemps qu’elle est maigre la vache – et de crise de la dette (ça oui, on risque pas de l’oublier celle-là !), les monts de pitié vont bientôt se casser la gueule, tellement ils sont chargés de vieilles babioles.

N’empêche que jamais j’aurais cru voir ça ! En allant sur Internet, je découvris qu’un ancien numéro de T-B avait été mis en vente. Qui aurait osé imaginer un tel honneur ! Un tel honneur ? Vous rigolez ? Quel pékin s’était-il permis de mettre aux enchères un T-B ? N’empêche, le ptit bénéf avait quand même pas oublié d’être réalisé au passage. Imaginez le tableau de chasse. Un numéro acheté 2 €, avec un prix de vente à 3 €, ça faisait une marge sympa de 1,5. En espérant que ce numéro avait été acheté, parce que rien n’est moins sûr. Dans ce cas là, vous vous rendez compte ? Ça donne une plus-value nette de 3 € sur la vente d’un Traction-brabant. Dérisoire non ? A moins qu’il dorme dans la rue et soit en manque de repas, j’ai du mal comprendre pourquoi un ou une anonyme a pu faire ça. Evidemment, l’animalcule s’est bien gardé de mettre son nom sur le site vous en faites pas ! Il a pas non plus prévenu de sa secrète manœuvre. C’était bien mieux qu’il restât faux cul pour compléter le tableau ! Et moi, pendant ce temps là, j’enregistre un énième déficit, alors que pour réaliser du bénef, il me faudrait augmenter la participation afin qu’elle atteigne la somme de 20 € pour 5 numéros !

Quand j’vous dis, y a pas de ptits profits dans notre république ! Grâce à la poésie, on croyait en avoir fini avec ces boutiquiers de merde, au besoin louangeurs (ça coûte pas cher). Eh bien non ! On les vire par la porte, ils reviennent par la fenêtre ! Sûrement des bons français qui critiquent des décisions stratégiques qui leur ressemblent. Zont guère de conscience ! Ils se sont arrêtés à la première syllabe. Ils ont pas compris à quoi ça servait la poésie, visiblement. Si ça se trouve, ils s’engagent avec la gueule contre la guerre et pour la démocratie. Mais le petit commerce ! Pas touche ! C’est que ça arrondit les bourses étudiantes comme les retraites des vieux pépés. Et bien entendu, les auteurs de telles indélicatesses se croient au dessus de tout soupçon, comme le sont les politichiens de leur race. On n’a pourtant pas demandé aux poètes d’être des rêveurs. On aurait juste attendu d’eux qu’ils soient un peu moins taches que des pas poètes ! Mais ça c’est trop dur pour certains, toujours les mêmes, bizarrement !

P.M.

Ici quand le Yeti laisse tomber son pot de peinture c'est signe que ça va chier (illustration de Jean-Louis Millet et titre de Malta)



De Luminitza C Tigirlas (extrait de T-B 70)

Fil suspendu par ce ciel vert
sur mon front libéré de couronne
depuis que ta caresse est devenue fantomatique

vêtue d'émeraudes
ma mère descend
l'infini me dérobe au réel

- tire ce fil ma fille
enroule-le en diadème de verbe
sur le sommet de ton âme

je touche mon front brûlant
du lien répandu de l'au-delà
qui rejoue avec moi la romance d'elle

rien qu'un instant le fil
se déroule dans le vivant - trop vite
je le manque
le voue au ratage

mère pourquoi me laisses-tu éloignée
dans un rêve où je saute à la corde
là ta voix bondit encore plus haut

dans la joie de moi et de nous
l'enfance déplie ses coloriages
et relance ses jeux de mots

jamais je n'aurai d'âge
tant que ma mère
sur un ciel déverdi
me bénira de ses adages

Les blogs de Murielle Compère-Demarcy

Voici le blog de Murielle Compère -Demarcy appelé sobrement "Journal de Mcdem".

Si cette publication chronique plusieurs autres auteurs (Jacques Darras, Jacques Lucchesi, Eric Dubois), ce sont surtout les poèmes de Murielle qui retiennent le plus mon attention.

Leur côté imagé, syncopé, remuant, actuel, aux prises avec ce qui peut se passer dans une actualité trouble, savent stimuler mon imagination et me semblent proches du réel. Ainsi, et par exemple, dans "Absence d'elle".

Pour aller y voir, c'est ici.

Et à peine ai-je tourné les talons qu'un nouveau blog vient d'être créé : il s'agit de poéviecriture. Dans ce nouveau blog, à la présentation dynamique, vous y trouverez des poèmes tout aussi dynamiques !

Mais ce n'est plus le dernier en date. Car voici un simple site (des actualités poétiques de Murielle Compère-Demarcy). Pour y aller, c'est simplement ici.

"George Orwell, my big brother - with love" (illustration de Jean-Marc Couvé)

De Florent Toniello (extrait de T-B 72)

C’est la première fois
depuis qu’on en distribue
aux serviteurs zélés de grade inférieur
que quelqu’un refuse des stock-options
me reproche-t-on dans un bureau climatisé.

Comme si enfant déjà en m’endormant
je rêvais de la richesse abondante
procurée par un cours d’action à la hausse.

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Saturday, October 20, 2018

De Thierry Le Pennec (extrait de T-B 72)

jet lag

"j'écarte les jambes" fit-elle mais j'é-
jaculai beaucoup trop tôt poignard
                     en moi-même et ré-
                   veillé pleine nuit les voix
américaines en mon cerveau / fatigue
d'une moitié de planète en vingt-quatre heures
                                   – back home
en un chantier de salle de bains la pression française.


Thursday, October 04, 2018

De Marlène Tissot (extrait de T-B 24)

Deux garçons
Assis sur un muret
Ils ont chacun
Une cigarette dans une main
Et une bière dans l’autre
Ils doivent avoir quatorze ans
Peut être quinze
Et dans le regard
Pas la moindre
Lueur d’espoir

Thursday, September 27, 2018

Ils ont réparé l'oubli


Les complices de TraumFabrik ont enfin pensé au brabant double, le double araire de notre mécanique de cauchemar, comme ça, ça fait TraumTractionFabrikBrabant !

Tuesday, September 18, 2018

Traction-brabant 75

Elles sont pénibles ces leçons de morale. C'est vrai ! Y en a marre à la fin !
Alors que chacun fait bien ce qu'il lui plaît plaît. On va pas s'embêter avec des principes. La gauche et la droite c'est idem. La liberté des uns s'arrête où commence celle des autres. Depuis la nuit des temps, l'homme est un loup pour l'homme. La vérité n'existe pas, même pas chez les martiens qui n'existent pas non plus. Morts pour morts, n'importe comment, on passera pas à travers les gouttes. Et puis d'abord, vous faites ce que vous voulez. Je démens avoir donné des consignes de vie. On va pas commencer à se casser le cul avec rien. On préfère attendre que l'herbe pousse pour pas la couper. On est pas à l'armée ici. Vous donnez des ordres, et nous on vous écoutera pas. Sauve qui peut. Les enfants peut-être d'abord, si on est en forme. Sinon ça sera moi, enfin, vous, si vous avez le courage. En tout état de cause, foutus pour foutus, c'est du pareil au même. D'ailleurs, le ciel nous tombera pas sur la tête. Tu nous casses les pieds avec ça. On sait très bien ce qu'on a à faire qu'on fera pas. On est pas des gamins, depuis quand les adultes seraient pas responsables ? Il est interdit d'interdire. Il est déconseillé de conseiller. Il n'est pas recommandé de recommander. On va pas se mettre à parler de ce qu'on aime. On va pas commencer à être passionnés par quelque chose. On va pas se permettre de devenir intolérants, puisque l'on se fout de ce que vous faites. Au pire, vous pouviez nous le demander plus tôt, de nous en battre l’œil. On peut y arriver les doigts dans le nez. Du moment que notre liberté est respectée. Pour notre part, on préfère laisser couper la bite aux mouches. On mettra pas la charrue avant les bœufs. On mettra pas les bœufs. On sera très gentils pour pas vous aider. C'est mieux comme ça. De toute façon, vous auriez pas aimé qu'on prenne parti. Tandis que là, on est couverts. On est pas grillés. Tout le monde nous aime. Personne ne bouge sur la photo. On est bien morts et le public est content. T'as raison de le dire. C'était beaucoup mieux comme ça. Laisser pisser le grizzli. Tu l'as dit bouffi. J'y avais pas pensé. C'est vrai ce que tu m'as dit. Je vais pas le faire. Avec le sourire, inaugurer le surplace quand les images continuent d'avancer. Laisser plutôt tout comme ça a toujours été.
Et maintenant, que faire à la fin, parce que vous comprenez, on aimerait surtout pas vous déranger, nous ?… Éteindre les rideaux, tirer la lumière et mourir, Monsieur le président. Mourir ou... ne pas écrire.
C'était une page de publicité rep(r)osante, avant la reprise du programme inhabituel, hélas pour vous ! 
P.M.

Monday, September 10, 2018

De Laurent Bouisset (extrait de T-B 53)

Poème d’un autre

Peut-être bien que tout devrait crever, mais le souper du port apporte en pluie l’idée que tout pourrait durer encore un souffle. Sur ce presque rien de délai, le chemin de ce fil en mouvement vers son néant, enflent et se mêlent aux voiles les visages importants, les voix cassées des vieux qui savent et blaguent, et l’on sent que se désassemblent nos pores même. Craque et s’effrite en bouts ce texte que l’on ne parvient plus à recoller dans le bon sens. On a lutté pour semer direction sous une pluie vague. Traîné nos yeux-carrioles en vrac et ronds carrés des heures, hurlant qu’on ne voudrait plus croire à rien, c’est faux... et rire. Quand l’imminence aux mâts s’enroule d’une naissance distraite et floue qu’on ne situerait plus au creux des teintes... ou qu’on sent s’annoncer dans l’ombre en araignée paisible et seule, et déposant l’envie de rester replié ici des heures, à voir se projeter sur l’eau le démon du désir qu’on a d’en finir au plus vite. Alors que grasse et de la peau du cul raclant le noir épais et doux que l’on n’aurait plus l’envie forcément d’accoler à notre insomnie, l’envie redéboule grave et fait cow-boy que tout crève et s’éteigne ici enfin. Commencer par un gros carton des étoiles connes avancées par ce ciel gaufré et vide que l’on n’en finira jamais de malmener de nos yeux lourds, que l’on voudrait sur le champ déchirer de nos doigts morts, pour la raison pure et très bête qu’on n’a plus aucune raison de le voir, ni moins de raisons de le peindre ou pendre encore, ni même de porter nos vies plus loin, quand stock épuisé de sourires avant la lune avec le sucre... et la raison bien moins couillonne encore qui brûle et vrille et reprend fil au fond du noir en torche hilare que nous nous refusons d’un bloc uni, têtes cognées, pas réduites, frénétiques, à demeurer de ce purin de ciel un doigt de plus, et sans orgueil, la nuque basse en berne ou la mouche qu’il compisse.


Marseille, le 19 avril 2013

Blog Archive

About Me

My photo
Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins