Tuesday, December 31, 2019

Incipits finissants (49)

Vite ! Trouvez-moi une belle mort ! J’en ai besoin pour respirer. Pas trop proche de moi, sinon, ce n’est plus drôle parce que du coup, ça devient vraiment la mort. Mais pas trop loin, non plus, que je puisse imaginer comment ça a pu se faire. Bien sûr, j’aimerais que la victime expire bizarrement, pas dans son lit, mais qu’elle saute sur un obus de la guerre de 14, qu’elle soit découpée en morceaux par une bonne sœur, ou bien alors, qu’elle ait une longue maladie, bien répugnante et qu’elle souffre ! Comprenez, je veux voir la mort de l’intérieur, tout en restant à l’extérieur. Une mort dramatique à l’excès, c’est bon pour les enquêtes. Il y a plein d’hypothèses à envisager. De plus, mieux vaut que cette mort soit injuste, qu’elle ne concerne pas un con. Un con qui est mort, ce n’est pas grave, ou alors, à la limite, ça peut servir pour un Te Deum.

Je m’excuse d’avance pour la famille, qui pourrait se sentir choquée. Quoique, la famille, elle n’est pas toujours très claire non plus. Les histoires d’héritage, c’est pas joli joli et ça me connaît bien aussi.

Vite ! Dépêchez vous ! Apportez-moi par cylindre une mort digne de ce nom ! Vous comprenez bien que sans ça, tout redevient normal. La vie n’est plus que Métro Boulot Dodo et qu’est-ce que ça prend comme temps, cette activité, alors qu’il n’y a jamais rien à dire là-dessus ! L’instant le plus passionnant d’ailleurs, c’est quand la mort n’est pas tout à fait encore là, mais qu’elle n’est déjà plus très loin.

Le suicide bien sûr, j’en suis fan également. Et s’il y a des victimes collatérales ? Pas de problème. Un mouvement social ? Pourquoi pas, ça peut être intéressant, si ça dégénère. Je prends tout !

Paraît que les scientifiques s’échinent à rendre l’homme immortel. Complètement nul. Ou alors je veux bien devenir immortel, mais qu’on se mette à fabriquer des séries de morts sur option, comme ça, pour se faire des ptits plaisirs.

Vite ! Du carburant pour ma cervelle ! Et, si vous avez des stocks dont vous souhaitez vous débarrasser, ça m’intéresse, bien entendu. Mon métier c’est pas croque-mort, mais écrivain.
J’en ferai un livre, de cette belle mort, et même une saga, pour la rentrée des classes. Et qu’est-ce que ça se vendra bien ! C’est que j’ai un contrat d’édition à honorer, moi !

P.M.

Numéro 78 de Traction-brabant


Le numéro 78 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,40 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Croisade couchée



De Solen Le Cun (extrait de T-B 78)


Orpailleurs



En Amérique, ils se ruèrent sur l’or



Creusant de leur cœur de pioche des lits souillés

Fouillant de leur pelle de bouche des deltas asséchés

Tournant de leur batée des êtres particules et émiettés

Explorant chaque corps rongé, chaque souffle coupé

Extrayant des noyés noctambules, des épaves submergées

Tamisant des vouivres limoneuses, des ondins étouffés

Batelant des figures de proue écumeuses et enragées

Scrutant chaque clavicule et chaque péroné décharnés

Appréciant de leur peson d’explorateur des paillettes maquillées



En Amérique, ils déchantèrent

Dans des manmans d’lo cannibales de naufragés

Dans des tritons dévoreurs de lambis nécrosés


En Amérique, ils pleurèrent

Dans des coulées de lie écœurante et avinée

Dans des lahars de Pelée rageux et tourmentés


En Amérique, ils se noyèrent

Dans des Amazones guerrières et du cœur amputées

Dans des Orénoques véreux et de l’âme parasités



En Amérique, il et elle se ruèrent sur l’or

Trouvant dans leurs yeux, la pépite dorée.

La voiture accidentée du futur de Patrice VIGUES

Malta compil : 2014 (avec Windows media player)

Je reprends, après une période d'absence, mes enregistrements audio où je les avais laissés, avec l'extrait suivant du recueil "La voiture accidentée du futur", cuvée 2014.

Juste une dernière fois
Laisser d'un doigt
La peinture des portières
Qui parfois vieillie
S'en va en paillettes de désespoir

Sentir le soleil cuire
Cette absence d'âme
Qui se pose là
Suivre la ligne d'horizon
Épousant les fils électriques
Qui tremblent aux intempéries

L'incertitude est immense

N'épouse plus les arêtes qui vite
S'interrompent face à la noria
Des poussières extra-veineuses"

Et pour l'entendre, sur un titre de Mercadinho (via http://www.dogmazic.net), "Lucas Alencar", extrait de l'album "Sons da naturezza", c'est ici.

De Samuel Ico (extrait de T-B 26)

JUS D’ORANGES


- Ca ne devrait pas exister. Me dit-elle. Ce genre d’abandon ne devrait pas se produire.
Il est neuf heures du matin. J’émerge juste tandis que Melinda tourne dans la cuisine sans arrêt.
- Non, mais t’as vu ça ! Reprend-elle. Elle est quand même magnifique, hein !
Je m’assois à la table, chope la cafetière encore tiède puis me verse la mélasse dans une tasse.
- Où t’as récupéré ce truc ? Je lui demande, à moitié chlasse.
- Dans une poubelle. A deux pas d’ici. Le couvercle était sur le trottoir et je l’ai vu.
La main qu’elle tient dans la sienne est fine et abîmée. On dirait une main de femme mais je n’en suis pas certain. Je pense ça par rapport aux doigts. Je rétorque :
- Tu fais les ordures, maintenant ? !
- J’fais ce qui me plaît. Y a des choses qu’on ne peut pas jeter. Ca me dégoûte. Celui qui s’est permis un tel acte, est un criminel.
Je bois une gorgée du café. Plus tiède, froid. Me fous d’elle :
- N’exagère pas. C’est une main en plâtre. La personne a dû la trouver ratée et elle s’en est débarrassée. Ou alors, elle provient d’un objet cassé et elle n’a pas voulu s’emmerder à le rép…
- Fumier ! S’exclame Melinda, plantée contre l’évier. Les objets, comme tu dis, ont une âme. Tu n’en as jamais entendu parler ? ! Pour un type qui écrit, je te trouve bien terre à terre.
Je finis ma tasse. Pique légèrement du zen sur la table. Me ressaisis.

- Tu ne réponds rien ? Me demande-t-elle, énervée. Tu préfères te défiler ?…
- Arrête ! Je dis, lassé. J’ai mitraillé toute la nuit. Je suis crevé.
- Ah, ouais ! Et ça t’empêche de ressentir de l’émotion pour cette main ? Ca t’empêche de t’y intéresser ? Tu es égoïste, voilà ton vrai visage. Tu ne penses qu’à ta petite vie d’écrivaillon de merde. Et… et si on te coupait l’une de tes paluches ! Si on la fourguait dans une benne ! Tu… tu resterais avachi sur ta chaise ? A attendre qu’elle repousse ?…
Je la fixe, paumé. Me frotte la figure puis réplique :
- T’es givrée ou quoi ? ! Qu’est-ce que tu m’embrouilles avec ta pogne en plâtre ? ! Qu’est-ce que tu cherches comme problème ? !… Ecoute, on reparlera de ça, plus tard. Là, il faut que…
- CONNARD ! Gueule-t-elle d’un coup. T’AS PAS REMARQUÉ ?… T’AS PAS VU QUE CETTE BON DIEU DE MAIN, C’ETAIT LA MIENNE ? ! C’EST DE CETTE FACON QUE TU ME REGARDES ? QUE TU DIS M’AIMER ? !…
J’écarquille les yeux. Bafouille :
- Quoi ? !… Qu’est-ce… Ta main ?… C’est quoi, ce délire ?…
- Ce délire, c’est ma jeunesse. J’avais 20 ans quand j’ai posé pour un enfoiré de sculpteur. Et puis ce matin, voilà… je retrouve un de mes membres enfoui dans la merde. C’est… Tu es comme tous les autres : aveugle.
D’un geste violent, elle pose la main sur la table. Jure « PUTAIN ! » avant de me conseiller :
- Tu devrais prendre un jus d’oranges. C’est vrai que tu as l’air foutu.
J’observe la main. Entends Melinda quitter la pièce. Ses pas pressés dans le couloir d’entrée. La porte qui claque. Le moteur de sa voiture qui rugit.
Il y a un filet d’oranges juste devant moi. Elle a sûrement raison, je suis foutu.

Je tends le bras droit vers les vitamines puis je cherche un verre.
L’index de la main me montre un placard près du frigo.
Je murmure : « Merci » sans savoir à qui je parle.
Dans la rue, plus rien ne bouge.

Incipits finissants (77)


Ceci est une histoire d'image. Avec les amis de la Girafe (Murielle, Xavier, Frédéric, Jean-Claude et Florent) – à Pistons, je précise - j'ai été amené à poursuivre une réflexion poussée sur les conséquences qu'un titre pouvait avoir sur la tonalité générale donnée à une activité.
En l’occurrence, il s'agit du « Citron Gare », donc de l'association qui porte ce nom, publie ce poézine et s'efforce d’œuvrer dans la micro-édition.
Au sortir de la torpeur subie dans un marché de la poésie, les collègues poètes m'ont dit : tu aurais pu les appeler autrement, tes éditions. Oui, c'est vrai que j'ai trouvé ce nom de « Citron Gare » en un peu moins de onze secondes. Donc, il n'est peut-être pas parfait. Mais à part « Citron Gare », ça serait quoi, par exemple ?
« Pamplemousse Aérodrome », me répondirent-ils en chœur. C'est plus joli certes, et surtout plus class que « Citron Gare ».
J'imagine déjà les textes que je pourrais éditer. Rien qui râpe, tout qui caresse. Les vacances, des pays chauds en toile de fond, sans un bruit de moteur, estompé par l'altitude. Mon (absence de) Dieu ! C'est des coups à finir bien, ça…
Plus facétieux, j'entends à présent : « Pomélos Grand Port ». Là, c'est autre chose que « Pamplemousse Aérodrome ». À vrai dire, en apparence, cela me semble moins class. Ça demeure toutefois très efficace. Sauf que je n'ai pas envie de créer une collection plus sexuelle, moi. Cela augmenterait sans nul doute les ventes !…Cependant, vu l'actualité, ce titre risquerait de m'attirer le même type d'ennuis que ceux des hommes des chaudes bises (politiques, footballeurs, gourous, acteurs et autres producteurs de fric). Et je recevrais – qui sait ? - des plaintes des… offices de tourisme !
Et si, par hasard : « Tomato Aéroport » ?... Non, non, désolé, ça fait trop kick boxing de sortie de garage...Ou bien supplice indien...
Alors quoi ? « Orange Vélib » ? Là, pour le coup, j'ai peur que ça m'enferme  dans le créneau parisien. Trop bobo, sans aucun doute. Et puis, les objets connectés, tout ça, ce n'est pas encore très anarchiste…
Et si, malgré ces marques de sollicitude, le « Citron Gare » était le mieux ? Ce nom bizarre comporte un soupçon de brutalité dans l'engagement, quelque chose qui sent la rouille des bastons, se situe en marge et que l'on voudrait mettre au rancart. Je suis désolé pour vous, les girafons, c'est ce titre qui me convient le mieux, en définitive !…
P.M.

"- un avatar - des zavatta : - i.m. achille-" (illustration de Jean-Marc Couvé)



Lithoral de Régis Nivelle

Le site de Régis Nivelle intitulé "Lithoral", en plus de présenter ses publications, nous met en lien avec plusieurs sites photos et relate certaines des lectures de l'auteur. 
Ainsi, sous son aspect épuré, "Lithoral" montre que les goûts de Régis Nivelle vont aux textes qui ne sont pas ordinaires, notamment ceux publiés par les Caméras Animales. Et j'apprécie ce goût pour des écritures qui ne sont pas forcément classiques ou courantes...
L'entrée est ici.

De Xavier Monloubou (extrait de T-B 78)

Les matins de grâce

L’idée me suit. Accrochée à la vie qui d’étale, presque s'enfuit.
Penser l’éternel pour mesurer l’autre éternel.
Lorsque le soleil fait tomber son fer chaud sur le pavé.
L'esprit bruine et devient doux. L'ange joue avec le loup et l'amour n'est plus menacé.
Au milieu des bois. L’arbre et le cygne blanc se mettent à brailler de joie.
1000 rêves ont assiégé les cendres. De l’autre côté de l’arbre. Le règne.
Les rêves nous y ramènent. De plus en plus nombreux. S’entourant de pluie. À peu près sans aucun bruit. Seuls avec la prière. Et l'idée simple de nous rendre heureux.
(27-03-16)


Image de Pierre Vella


De Brigitte Giraud (extrait de T-B 63)

Des bouts de corps
glissent sur le pavé,
dans le rond de terre autour des arbres,
contre l'arbre.
On se laisse apparaître.
Dans le passage, les mains attendent.
Le café est désert.
L'attente, c'est la lenteur de l'œil.
Il y a un type au comptoir qui a l'air de ruminer sa solitude. 
Dedans/dehors, tout est lisse. 
Et la vie coule comme la pluie dégouline.
Pas moins, pas plus.
Dans la beauté des bleus.
Je ne sais pas comment ça commence.  

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Tuesday, March 05, 2019

De Thomas Sohier (extrait de T-B 78)


Détacher vos surfaces
Les clouer sur mon dos
Découdre votre âme
et m’en faire une casaque
Une porte est restée close
Imbriquée dans le bulbe
Et derrière les fantômes
Font briller leurs yeux rouges
Peut-être un jour
Me crèveront-ils la bosse

Thursday, February 28, 2019

Le blog de "Mot à maux"

Après plus de dix ans d'absence, Daniel Brochard réactive sa revue numérique, intitulée "Mot à Maux". Si vous souhaitez lui envoyer des textes, c'est ici que ça se passe : ici !

Wednesday, February 20, 2019

Un poème inédit d'Antoine Bargel


Sale bête


Sale et bestiale, la ville est sale et bestiale
mais nous y allons pour chercher du travail.

La masseuse assise a les jambes dans la vitrine
un peu trop écartées. Un homme à la télé
en devanture explique les points d’acupuncture.

Sale et bestiale, la ville est sale et bestiale.

Aux délices d’Espagne on danse pour personne
sur l’écran au-dessus du bar. Ah non,
il y a deux thaïlandaises qui dînent.

Au refrain (sale et bestiale).

Ceux qui entrent sont des hommes jeunes
préoccupés par le travail : pas le moment
de prendre femme, mieux vaut investir trois sous.

La ville n’a rien de sale et bestial,
c’est moi qui suis sale et bestial.

La ville est composée de gens comme moi :
au rez-de-chaussée, je fais la queue au MacDo ;
je transpire sur tapis roulant à l’étage.

Sale, bestial, c’est le thème.

Je me prostitue sous toutes mes formes, toutes mes couleurs
principalement sauf une, parce que c’est plus facile
de niquer quelqu’un qui vous ressemble moins.

Je vous comprends, moi aussi je suis sale et bestial.

Mais nous venons à moi pour travailler, pour vendre
ce qu’autrui veut de nous, qui est peu
car ce qu’autrui préfère c’est niquer.

Moi aussi.

Je suis un homme jeune préoccupé par le travail.
Je suis une masseuse à l’apparence thaïlandaise.
Je suis un couple qui renonce aux délices d’Espagne.

Je suis sale et bestial.

(Paris, 14 mars 2012)
Extrait de "Misanthropie internationale"

Wednesday, February 13, 2019

Traction-brabant 78


La mauvaise nouvelle est arrivée hier dans la journée, alors que je me baladais négligemment sur Internet, comme tout occidental un peu évolué.
Voilà t-y pas qu’écrire s’acquiert par des cours, même écrire de la poésie.
C’est très triste, ça.
La poésie, c’était le dernier domaine où l’on était à peu près peinards. On n’avait aucun compte à rendre à personne. On pouvait faire ce qu’on voulait avec les mots.
Et pis là, j’apprends qu’en fait, non, c’est comme à la belote ou au football : il y a des règles qu’il faut respecter, voire, un cursus à suivre.
J’entends : nos juges risquent de nous dire, si nous n’avons pas été formés : vous, vous ne savez pas écrire, car vous n’avez pas le diplôme requis.
Ainsi, je m’interroge.
Rimbaud a-t-il suivi des études d’écriture ? Eh bien, oui : ça s’appelait cours de latin et de rhétorique.
Il n’empêche qu’il aurait pu devenir plus performant, ne pas arrêter la poésie à vingt ans, au lieu de partir vendre ses conneries en Éthiopie.
Idem pour ces voyous de Villon, Corbière, et même d’Apollinaire, ce dernier ayant été sauvé par la guerre, qui l’a tué.
Au fait, pendant qu’on parle d’études, est-ce qu’il n’y a pas d’équivalences en poésie ? Je veux dire, si par exemple, je prends mon cas personnel, après trente ans d’écriture, est-ce que je peux recevoir une attestation certifiant que j’ai le niveau de maître es poésie ?
Ou bien, est-ce que je peux m’inscrire sur une liste d’aptitude, qui je l’espère, sera parfaitement objective avec mes qualités que j’imagine bien existantes ? C’est pas parce qu’on est vieux qu’on est bon à jeter aux orties.
Je vous implore, hein, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les professeuses et professeurs, de me dire si j’ai tout juste ou tout faux, ou entre les deux.
C’est pas le tout, s’il y a des stages de poésie, cette dernière peut devenir une activité économique comme une autre. Que dis-je ? Pas une activité économique, carrément un Marché !
Zut, ça fait bizarre d’entendre ça. Si la poésie devient un Marché, c’est qu’il y en a quelques-un(e)s qui vont s’en mettre plein les fouilles : là, je donne quasi dans la science-fiction… pour le moment.
Vous me direz : les américains le font déjà. Ah ben alors là, je m’incline : si les américains nous précèdent, c’est qu’il faut les imiter au plus vite !

P.M.

Tuesday, February 05, 2019

De Stéphane Poürri (extrait de T-B 63)

DUNKELHEIT

Chaque nuit, je suis terrassé par la même lumière
froide, percé par le même hurlement.
Accusateur, accusé. L'horreur et l'extase de la vie
piquent toujours plus profond. Las de courir m'oublier
dans la foule, je ne profite plus des beautés du
paysage. Je marche à reculons vers les regrets
lointains, craignant de ne plus pouvoir me supporter.
Pénitence, continence, obéissance et ruine de la
conscience. Chaque fantasme est une faute.
Laisse moi dormir, s'il te plaît.
Laisse moi seul.

Blog Archive

About Me

My photo
Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins